• Asie-Pacifique

Chine : en quoi consiste la « pensée de Xi »

Le président chinois associe une grande ambition modernisatrice, héritée de Deng Xiaoping, à la reprise du contrôle de la société civile dans tous les domaines.

Article réservé aux abonnés

Des hôtesses du 19e congrès du Parti communiste, sur la place Tiananmen de Pékin, le 24 octobre.

Alors que le président chinois s'apprête à entamer son second mandat, « la pensée de Xi Jinping, du socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère » évoque tout d'abord la grande idée de Deng Xiaoping. Surnommé le « petit Timonier », c'est lui qui a lancé les réformes économiques, à la fin des années 1970, qui ont permis au pays de se hisser à la deuxième place mondiale. Grâce à Deng, le Parti communiste chinois (PCC) s'est accommodé d'une certaine dose d'économie de marché et de pragmatisme, tout en conservant son monopole sur le pouvoir.

Xi Jinping s'inscrit dans cet héritage : il fait de ce socialisme aux caractéristiques chinoises une « grande cause », dont il faut « lever haut la bannière ». Dans son discours d'ouverture du 19e congrès du Parti, le 18 octobre, M. Xi l'a présenté comme un modèle, invitant les autres pays en voie de développement à l'adopter pour « accélérer leur modernisation tout en préservant leur indépendance ».

Lire aussi Article réservé à nos abonnés En Chine, la consécration de Xi Jinping et sa « nouvelle pensée »

Ce qu'inaugure la pensée de M. Xi, c'est une « nouvelle ère », celle d'une Chine « qui s'est mise debout, est devenue riche et envisage les perspectives brillantes de la renaissance ». C'est le retour de la Chine dans le concert des grandes puissances. Cette « ère nouvelle » prévue pour durer trente ans, jusqu'à 2049 – le centenaire de la République populaire de Chine –, est comparable aux trois décennies de maoïsme et aux « trente glorieuses » inaugurées par Deng. La Chine forte devra, souligne le numéro un chinois, répartir les fruits de la croissance et répondre aux demandes grandissantes de meilleure éducation, d'un environnement propre, mais aussi de « démocratie, d'Etat de droit, de justice et de sécurité ».

Brutalité inouïe

Ces belles et louables aspirations ne peuvent toutefois être satisfaites que sous des conditions bien particulières, qui sont la réaffirmation de la suprématie du rôle dirigeant du Parti communiste. Car les prédécesseurs de Xi Jinping avaient dû gérer les suites du mouvement de Tiananmen, resserrant le contrôle idéologique : même si la police politique n'a cessé de réprimer au cours des années 1990 et 2000, avec parfois des accès de nervosité, de nouveaux espaces de contestation ou de négociation avaient surgi au profit des militants d'ONG ou des droits civiques, des journalistes d'investigation, des avocats, des intellectuels… Tout un courant réformateur politique au sein du PCC a longtemps veillé à entretenir, voire raviver, les braises des essais avortés de libéralisation politique menée dans les années 1980.

Il vous reste 23.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s'affichera sur l'autre appareil.

Découvrir les offres multicomptes
  • Parce qu'une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s'affichera sur l'autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d'autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d'appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l'autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.